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Comment reprendre "son" pouvoir sur le temps ?

Auteur : Pierre-Antoine

Temps de lecture : 10mn

Le temps des arbres nous est inconnu. Parfois simple pousse, parfois forêt, un arbre s'enfonce dans les profondeurs de la terre et s'avance dans le ciel pour embrasser les nuages. Il respire profondément ancré dans un élan de croissance infini. Écoute ton rythme pour regagner le pouvoir sur "ton" temps. Simples et puissants, les arbres nous inspirent. Eloge de la lenteur ? Eloge du silence et de l'immobilité ? Qu'en est-il réellement? Nous sommes des papillons oeuvrant partout sur terre, touchant à tout ce que nous avons sous les mains sous l'oeil attentif des arbres.
ÉCOUTER SON RYTHME

Au cours de notre journée nos pensées structurent notre temps. Ce temps n'est ni celui appelé biologique, ni même le temps de l'horloge. Partir à l'écoute de "son" temps est une quête unique et difficile.

L'arbre à ses saisons, ces jours et ses nuits. Et toi ?

Même si ta route est déjà tracée, tu as ton libre arbitre et c'est ta force d'action. Quelque soit l'axe ou l'angle que tu prends pour avancer, la vie va et elle va où elle doit aller. Si tu décides de reprendre le pouvoir sur "ton" temps c'est que tu penses que le temps file entre tes doigts. Pourtant, la vie n'est pas ta vie, la vie n'est pas le temps que tu comptes sur ta montre.

Le temps comme l'eau ne peut pas être contrôlé. Le maître de l'eau le sait. Le maître de l'eau se contente de faire circuler l'eau, il canalise son cour, puis la laisse filer vers l'océan. Il en est de même pour le temps. Tout comme l'arbre qui participe au cycle de l'eau, tu es un instrument de circulation de l'eau et du temps. Laisse le temps s'écouler sans tenter de le contrôler, sans volonté de l'arrêter ou de l'accélérer. Ce contrôle en toi procure souffrance et frustration. Selon certains, l'arbre est immortel. Selon moi, il ne compte pas le temps, il vit en contournant les obstacles qui, pour lui, n'en sont pas. Il croit simultanément dans toutes les directions. Il s'expand. L'arbre est puissant parce qu'il croit humblement. La vie est un souffle, une respiration. Un jour tu expireras une dernière fois et cette vie sera finie. Mais la vie, elle, elle continuera. Tu n'est qu'un canal parmi d'autres, une note jouée parmi l'harmonie de l'univers permettant à ce souffle de s'exprimer pendant un certain temps. Tu crois faire un choix en conscience. Peut-être que tu confonds la conscience et le contrôle. Tu regrettes ton choix et te culpabilises de ton erreur. Tu penses avoir fait le bon choix et tu t'apposes une couronne de laurier sur la tête pour te féliciter et pourtant... Quelque soit ta direction, que tu ailles à gauche ou à droite, ta destination sera toujours la même. Certains ont écrit : "Tous les chemins mènent à Rome" pour faire de Rome leur nouveau Dieu. Mais il n'y a pas de Dieu. La divinité, si tenté qu'on puisse parler ainsi, réside en toi, elle est la respiration, en toi et hors de toi et en toutes choses. Aller droit, ou faire des détours, c'est ton choix, c'est ta joie ou ta souffrance. Là est ton libre arbitre, là est ton action dans la matière. C'est la manière dont tu conduiras ta vie et en ce sens, les modalités qui la caractérisent qui font ton libre arbitre. Et ton libre arbitre ne peut-être que juste car toi seul fais le choix et il ne peut en être autrement. Alors pourquoi te plaindre ?

Écoute ton rythme et reprend ton pouvoir.

 

POURQUOI DOUTER ?

Pourquoi et de quoi douter ? De toi ? Sais-tu où se situe le : " toi " ? Probablement as-tu besoin de le définir. Définir les choses est rassurant. Cela donne l'illusion d'apporter du sens et de la cohérence à notre cahot intérieur. C'est normal. C'est juste. Tu doutes de tes capacités ? De quoi parles-tu lorsque tu parles de tes capacités ? Toi seul peux en faire le choix. Penser que tu n'en es pas capable est un choix, celui de te choisir comme incapable. Celui de croire que tu n'as pas les capacités. Se voir incapable est souvent beaucoup plus facile car ce choix n'engage à rien. Pas besoin de changer et d'acquérir de nouvelles compétences. Tu décides un jour que tu n'es pas souple et tu ne le seras donc jamais et ne feras rien pour l'être un jour. Et même si tu deviens plus souple en pratiquant des exercices tu ne pourras être souple que si tu choisis de l'être. Comprends-tu l'importance de cette affirmation à soi ?

 

PRENDRE SON TEMPS

Cela ne signifie pas d'aller lentement, mais juste d'écouter ton temps. Ton temps est là, prends le. Tu as, comme l'arbre, un rythme qui t'est propre, une harmonie, une vibration, une fréquence qui n'appartient qu'à toi. Trouve la. Écoute la. La paix intérieur est ton indicateur.

 

LE TEMPS RELATIF

N'as tu pas déjà remarqué qu'une minute de ton travail peut parfois te paraître plus longue que deux heures acharnées. Mais à quoi cela te sert-il de le savoir ? Probablement à te comparer à toi-même et aux autres et à te juger lent, rapide, bon ou mauvais ? Si tu décides d'être l'esclave du temps que tu t'imposes ou que l'extérieur t'impose, c'est ton choix. Tu ne peux pas remettre ta responsabilité sur un autre. Il est parfois plus confortable d'habiter le temps d'un autre que le sien propre dont on ignore tout. Tu as été éduqué pour suivre le temps d'un autre. Il est donc normal que cela te sois difficile d'en sortir et de retrouver le tien.

 

HABITER SON TEMPS

Pour habiter son temps, il faut du courage, prendre le risque de l'exclusion, prendre le risque de se perdre sans autre repère que soi-même. Prendre le risque de la solitude. Écouter ton temps t'obligera à revenir à toi; hors de tout ce que tu connais déjà. Es-tu prêts ?

 

REDEVENIR SON PROPRE MAÎTRE

Cesser de se plaindre d'être l'outil d'un autre est ce que tu désires, n'est ce pas ? Tu es le seul juge dans tout ça. N'attend pas ton dernier souffle. Travaille l'écoute, accorde ton instrument, aiguise tes sens, travaille la respiration et la souplesse, entend ton coeur, vois ton intuition à l'oeuvre, reconnais toi sans fard et au delà des illusions.

 

L'IMPOSSIBLE N'EXISTE PAS

Si tu dois aller en haut de cette montagne que tu rêve de gravir et qui te semble tellement loin qu'elle représente pour toi l'impossible, demande toi en quoi cela est réellement impossible ? N'as tu jamais rien fait dans ta vie que tu as qualifié d'impossible, que tu croyais impossible et que pourtant tu as accompli avec succès ? Ta joie d'accomplissement n'a t'elle pas été plus grande que tout ? Une chose impossible n'est pas un exploit et réside souvent dans un tout petit rien comme dire je t'aime à quelqu'un ou encore simplement dire "non" là ou habituellement tu n'aurais su dire que "oui". Quoi qu'il en soit, quelque soit ta montagne, quelque soit le temps que tu prendras pour la gravir cela n'a pas d'importance. D'autres avant toi l'ont probablement gravit facilement alors tu doutes de tes capacités. Tu te compares et tu te juges. Mais peu importe qu'il te faille une vie ou deux ou trois, ton chemin est de gravir cette montagne, tu ne le sais probablement pas encore et tout cela n'a pas d'importance.

 

LE GOÛT DE LA VIE

Il réside dans l'impossible. Le goût de la vie réside dans ta capacité à transformer l'impossible pour toi en possible pour toi. Le goût de la vie réside dans ta capacité innée à transformer ta peur en amour. Voilà pourquoi le temps n'a pas d'importance. Mais parce que tu es au coeur de la matière tu dois t'accorder avec les réalités de la matière. Tu vas faire des choix et ils seront justes. En douter n'est pas signe de bonne santé et de capacité cognitive à savoir peser le pour et le contre. Ne confonds pas : "remettre en question" et douter. La remise en question est active et questionne les possibles. La remise en question ouvre les portes de l'inconnu pour grandir. Pour y parvenir tu va faire des choix sans savoir qu'ils sont justes. Semblant parfois t'éloigner d'un but que tu ne connais pas. Alors pourquoi douter ? Pourquoi penser qu'on te vole ton temps ? Pourquoi te juger et croire que tu es dans l'erreur ? La vérité ne réside pas dans une réponse mais dans des tentatives de réponses à des questions. Elle est ce mouvement continu, telle que la respiration de l'arbre, telle que la respiration de la terre et de celle de tes poumons. Tu peux choisir le facile ou le difficile. Le facile et le difficile ne dépends que de toi. Ce qui est facile pour toi ne l'est pas forcement pour tout le monde. Qu'est ce qui est facile ? Qu'est ce qui est difficile ? Parfois le difficile est une lutte acharnée à vouloir quelque chose qui n'est pas fait pour toi mais que ton égo désir plus que tout. Parfois le difficile est difficile parce-qu'il t'oblige à devenir ce que tu es et t'oblige à changer et à grandir. Ce qui est difficile n'est pas souffrant.

 

L'IMPATIENCE

Tu as peur du temps qui passe et pourtant tu es impatient. Comment voudrais-tu profiter de demain si tu ne profites pas déjà d'aujourd'hui ? N'as tu pas indexé les choses, la difficulté et tes choix sur le demain qui n'existe pas et qui devient l'hier, retirant trop souvent du sens à tous tes "combats" et t'empêchant de vivre au présent. Si tu veux regagner le pouvoir sur ton temps alors cesse de vouloir du temps. Le temps est déjà là. Vouloir gagner du temps n'a pas de sens. Cloisonné le temps dans ce que tu connais de lui t'empêche de grandir.

 

L'INCONNU

Le demain, ce vers quoi tu tends, est inconnu. L'inconnu est le désir de vie en nous. C'est notre peur insufflée de l'inconnu qui nous fais souffrir et non l'inconnu. C'est la contradiction entre la volonté de vivre l'inconnu et ce qui nous l'interdit qui nous fait souffrir et met en branle la machine mentale. Regarde l'éternité des arbres, respire et comprends le rythme qui est le tien, respecte le et vis ton rythme sans peur. Tu es déjà le maître de ton temps.

Maintenant tu le sais. Ai la foi.

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